La démocratie sénégalaise, saluée pour sa stabilité, traverse une crise de la représentation qui touche aussi bien l’Assemblée nationale que les conseils territoriaux : rareté des assistants parlementaires, faible recours à l’expertise technique, illittéracie numérique et budgétaire limitent la capacité des élu·e·s à légiférer, contrôler l’action publique et répondre aux attentes citoyennes. Les femmes, pourtant protégées par la loi sur la parité depuis 2010, restent les moins dotées en ressources et en influence réelle dans la définition des politiques publiques.
Face à ce constat, le LASPAD porte, avec ses partenaires Jaabu TV et Oxfam, un dispositif innovant de renforcement de capacités : L’École des élu·e·s. Déployée sur la durée de la nouvelle législature (2024-2029), elle propose une offre de formation et d’accompagnement hybride — présentiel et plateforme en ligne, dans les langues nationales — qui articule expertise technique, soft skills et redevabilité sociopolitique, pour renforcer l’état de droit, l’équilibre des pouvoirs et une parité substantielle dans l’exercice du mandat.
Contrairement aux formations ponctuelles et dispersées qui dominent aujourd’hui ce secteur, L’École des élu·e·s propose un cadre formel, rigoureux et durable, adossé à l’Université Gaston Berger et à un conseil consultatif d’expert·e·s (décideurs, ancien·ne·s élu·e·s, société civile). À l’issue de sa phase pilote, l’initiative a vocation à être institutionnalisée sous la forme d’un institut pérenne.
Les chercheur·e·s et membres impliqué·e·s dans École des élu·e·s.