Le LASPAD publie le premier policy brief du programme CAAOPoC, consacré à l’analyse du partenariat Allemagne–Sénégal. Entre coopération stratégique, négociation permanente et quête d’un « win-win », cette note propose une lecture fine des dynamiques contemporaines de l’aide et de la gouvernance du développement.

Depuis près de six décennies, la coopération entre le Sénégal et l’Allemagne s’est progressivement transformée en un partenariat stratégique structurant. Aujourd’hui, dans un contexte marqué par les enjeux climatiques, énergétiques et géopolitiques, cette relation bilatérale se redéfinit autour d’un impératif central : construire un compromis durable entre intérêts nationaux et agendas globaux.

Le policy brief n°1 du programme CAAOPoC, intitulé « La fabrique du compromis : le partenariat Allemagne–Sénégal entre négociation permanente et recherche du “win-win” », analyse cette transformation en profondeur.

De ses débuts institutionnels dans les années 1960 à son intensification récente avec des initiatives comme le Compact with Africa ou le Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP), la coopération sénégalo-allemande s’est déplacée vers des secteurs clés : énergie, formation, gouvernance et agriculture durable.

Cette évolution traduit un repositionnement stratégique de l’Allemagne en Afrique, mais aussi une capacité du Sénégal à s’affirmer comme partenaire pivot.

Présenté comme un modèle d’équilibre, le narratif du « gagnant-gagnant » structure les discours contemporains de la coopération. Toutefois, le policy brief montre que ce principe reste un objet de négociation.

Si des avancées sont notables — co-construction des projets, mobilisation de l’expertise locale, renforcement des capacités — des asymétries persistent, notamment dans les processus décisionnels et les cadres de négociation.

L’étude met en évidence un élément central : la coopération repose sur une logique de compromis permanent. Les politiques publiques, les projets et même les priorités sectorielles sont le résultat de négociations continues entre partenaires.

Ce modèle, bien qu’imparfait, permet une adaptation progressive aux réalités locales, tout en intégrant des agendas internationaux.

Depuis 2015, la transition énergétique constitue le cœur du partenariat. Entre promotion des énergies renouvelables et maintien d’intérêts liés aux ressources fossiles, elle cristallise les tensions, arbitrages et opportunités d’un partenariat en recomposition.

Ce policy brief souligne la nécessité de renforcer :

  • la transparence dans les négociations,
  • la co-construction à toutes les phases des projets,
  • la mobilisation de l’expertise locale,
  • et la coordination entre acteurs.

Il appelle également à une meilleure articulation entre priorités nationales et agendas internationaux.

En analysant les logiques de compromis à l’œuvre, cette note contribue à une meilleure compréhension des transformations contemporaines de la coopération internationale, et ouvre des pistes concrètes pour construire des partenariats plus équilibrés et efficaces.

👉 Lire le policy brief complet

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